Hier soir, la chaine France 3 diffusait "la dernière séance de Monsieur Eddy" à l'Olympia.
De quoi se souvenir de notre dernière séance, avec quelques frangins, en Juillet dernier à Vienne ...
Du très très bon ...
L'occasion aussi de placer l'article rédigé par notre Sergeant d'Arme, BigJim ...
Ca y est, le grand jour est arrivé !
La dernière séance de la dernière légende du rock'n'roll français made in usa.
Celui que l'on surnomme "SCHMOLL" va tirer sa révérence. Lui la meilleure référence du rock'n'roll country road movie song de la chanson française !!
Meilleur song writer (avec Aznavour) de la scène (en deux mots !) de la non pas variété française mais de la chanson française qui swingue, qui fait claquer des doigts, taper des mains et
basculer des santiags. Mais aussi enlacer sa partenaire la lover tendrement contre soi. Celui qui, en une chanson, raconte une tranche de vie que NOUS avons TOUS un jour ou l'autre vécu, senti,
ressenti. Celui aussi qui a réhabiliter les films de séries B de cinéma hollywoodien à la télévision française, donner ses lettres de noblesse aux westerns. Nous culturant davantage sur le
réalisateur, les actrices et acteurs, les anecdotes croustillantes se rapportant au film de façon bien plus sympatoche que ne le fit le fat monsieur cinéma Pierre Tchernia ou les bien tristes
Joseph Pasteur (qui a loupé sa vocation!), Alain Jérôme (à demi mots!) ou encore Charles Villeneuve dans "les dossiers de l'écran".
"LE" présentateur de la dernière séance qui, avec l’inoubliable film "l’étrange créature du lac noir", jouait les précurseurs du cinéma en 3D. Puisque l'on s'en souvient, nous avions tous les
lunettes de télé 7 jours en bleu et rouge pour regarder ce film en "relief". C'était juste un peu avant « l'Avatar » de Cameron, c'était en ...1982 !!!!
Après ce rapide "coup de torchon" sur la carrière télévisuelle de Môssieur Eddy, revenons sur sa dernière séance musicale !!
Dernière prestation scénique de SCHMOLL (surnommé ainsi car à l' époque du golf DROUOT de Henri Heproux alors qu’il débutait avec un jeune chanteur belge qui, à cette époque faisait du vrai
rock'n'roll pour finir en vieux chanteur abandonné pour mamies, buveurs de ricard résidents du camping des flots bleus et public bobo dont le Q.I rivalise avec celui d'un bigornot!). Notre
schmoll donc, à cause de sa grande taille, surnommait tout le monde "small". Et comme la plupart des chanteurs chantaient en yaourt et que les auditeurs n'étaient pas rompus à la langue de
shakespeare (j'inspire! ), le "small" du départ a muté en "SCHMOLL". Voilà!
Dernière séance, disais-je donc. Impossible de ne pas venir le voir et le regarder, l’entendre et l'écouter encore une fois.
Aussi, pour être à la hauteur de l'événement, on s'est déplacé en nombre avec les Frangins, dans la ville de Vienne, nous attendions que d'autres "viennent" mais en cette période estivale pas
facile de rassembler. Répartis aux quatre coins des arènes du théâtre antique de Vienne, certains loin, d’autres plus près, d'autres encore davantage plus près de la scène, c’est vers 21H30 que
retentissent les premières notes de l’orchestre minimaliste mais ô combien qualitatif d'EDDY.
Enfin, il arrive sous un tonnerre d'applaudissements autant engoués que secs !
La banane ne faisant pas l'idole, pas plus que l'habit fait le "moine", c'est pour l'ouverture de la grande messe du "petit claude" qu’ il rentre ce soir vêtu d'un somptueux costume noir
trois pièces (dans la digne lignée que ceux portés par les "Gunfighters du Old West) et chaussés de socquettes blanches dans des santiags Tony Lama. Eddy apparait magique et réel et envoie
directement du lourd !
"C’est un rocker" (véritable profession de foi s’il en est) qui débute son tour de chant.
Puis s'en suivent une foultitude de chansons qui, comme relaté plus haut, nous rappelle tous quelque chose ou quelqu’un. Car, en plus d appartenir au « Patrimoine » de la chanson française,
Eddy a réussi le tour de force d'être invité chez chacun(e) d'entre nous. Et il y a toujours un coin qui nous rappelle une chanson d'Eddy ou bien une chanson d'Eddy qui nous rappelle un
coin...
Il enchaine ses plus grands succès pour notre plus grand plaisir et avec la nonchalance qui le caractérise, emprunt d'un très grand professionnalisme. Il sait se faire tour à tour Eddy
rocker, Eddy lover et toujours Eddy for ever.
Des bons mots teintés d'ironie décalée adressés au public font que celles et ceux qui le suivent depuis longtemps et les "p'tits nouveaux" qui le découvrent sentent qu’il ne sont pas un
simple public face à une inabordable vedette. Mais que tous communient ensemble à cette belle fête musicale où les paroles s'accordent en parfaite harmonie avec la mélodie. Où la musique devient
verbe, où la verve d'Eddy se fait un adjectif incontournable et le public un complément d'objet direct live à sa dernière séance, notre dernière séance. Oui c'est sur, Eddy a "Country" le coup
!
Le philosophe Alain ( j ai crié, crié pour qu’ il revienne!!) disait que "la vraie richesse des spectacles est dans le détail".
Et à ce spectacle d'Eddy, ils ne manquent pas.
Les lumières habillent les chansons. Un décor que certains pourraient penser somme toute classique mais qui est carrément classieux!
Bel effet lors de l ouverture du rideau de scène, en seconde partie du concert, laissant apparaitre un parterre de cuivres (12 personnes habillées en costumes... rouge et blanc (mais non
"ils" n'y sont pour rien!) chacun donnant le meilleur de soi dans son instrument respectif!
Et une magnifique version de "j'ai oublié de l'oublier" vient nous tintinnabuler les oreilles ...et le cœur.
Tous les classiques mitcheliens sont passés en revus avec un fort bel arrangement en pensant qu’ il est impossible que certaines de ces chansons là aient plus de 4O ans !!
Eddy, Oldie but Goodie !
"Eddy scande son corps tout entier aux rythmes soutenus d'un orchestre irréprochable"
Eddy a la voix, Eddy a la foi. Il a choisit sa voie et il est resté fidèle dans ses choix.
Il a tout à la fois. La gestuelle féline et second degré, pas d'effet de manche, pas de chichi, pas de chacha ou de rock, la voix rauque et le mot drôle.
C'est le rauque and drôle d'Eddy !
Tel est Eddy tel a été Eddy, tel sera toujours Eddy.
Tout est dit ?
Non, car s'il y a des souvenirs, quand on les jette qui reviennent sans faute dans les maux de tête. Il y a d'autres souvenirs fabuleux, des mots dans le cœur, des notes harmonieuses . Et
même si nous tous n'aurons jamais plus 18 ans demain, la route de Memphis où le rio grande continueront à nous faire rêver, loin de nos racines de Nashville, en évitant de croiser des vieilles
canailles, sans jamais faire de lèche bottes blues. Et si un jour on reçoit une invit' pour le cimetière des éléphants, nous dirons comme nous l avons dit à Eddy, te presses pas tu as tout le
temps de t'emmener au cimetière des éléphants. On veut te garder et t'emporter tu prendras (dans notre mémoire sentimentale) beaucoup de place.
Promis ! Craché ! Juré !
Il est 23H 20, Eddy vient de nous faire son dernier boogie woogie.
et nous avons tous blasphémer avec lui !!!
Alors la fuckin rain de Vienne n'a pas permis à notre Eddy de revenir nous interpréter son chant du cygne COME BACK. Sur qu’ il ne nous fera pas le coup du come back, des adieux, des regrets,
sur que NOUS ne lui ferons pas nos adieux et que NOUS aurons des regrets.
Mais il est sur qu’à chaque chanson écoutée et entendue de Môssieur Eddy, il y aura ,pour les GUNFIGHTERS, toujours l'esprit grande prairie. Et entre les tuniques bleues et les indiens,
l'esprit rock'n'roll et l’esprit du grand MONSIEUR EDDY.
Voilà, la lumière s'éteint déjà, la salle est vide à pleurer (et elle n’est pas seule).
Le spectacle est terminé, c'était sa dernière séquence, c'était sa dernière séance...
...mais nous empêcherons le rideau de tomber.
Promis ! Craché ! Juré !
Tout est dit
Tout Eddy.
Ah oui encore une petite chose :
Eddy....MERCI !
By BigJim